Aimons-nous les uns les autres grâce à la qualité

Posted on 18 septembre 2010

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En ce moment je travaille (si si) sur mon mémoire qui traite de la qualité dans le tourisme. Bon, c’est pas toujours évident de se motiver, et encore moins un samedi soir. Je profite tout de même d’une lecture faite à l’instant pour faire une petite pause et te proposer un article. Vu que je suis dans le mood « mémoire » c’est plutôt de la réflexion. Wais t’as compris, on ne parlera pas de poneys cette fois ci !

Bref, je lisais donc un article de colloque qui traite de la « sociologie économique de la qualité » (oui ça fait peur comme ça, mais maintenant tu restes, fallait s’enfuir quand je t’avais dit qu’on ne parlerai pas poneys !). Ce qui est intéressant, c’est que l’auteur reprend Edgar Morin et son essai « Pour une politique de civilisation », qui date de 1997 et non de 2008 comme l’annonce l’article. Bref, passons. Je connaissais le bonhomme philosophe et sociologue, mais je ne me souvient pas d’avoir lu un de ses ouvrages, peut être quelques bribes par ci par là.

Oui bon je suis bien gentil vous allez me dire, mais la « politique de civilisation » c’est quoi hein ??? (outre un débat avec Sarko en 2008). Comme le dit texto l’article :

La politique de civilisation reprend l’aspiration à plus de
Communauté, de fraternité et de liberté qui fût à la source du socialisme au XIXème siècle, et
utilise tous les aspects positifs des Sciences, des Techniques, de l’Etat, du Capitalisme, de
l’individualisme mais en encourageant un nouvel âge ré-humanisant le technique,
l’administration, la vie quotidienne.
C’est beau non ?
Seulement pour y arriver, il existe 4 impératifs, décrits comme suit dans l’article :
  • Solidariser (contre l’atomisation et la compartimentation des bonnes volontés) : créer des Maisons de solidarité au sein desquelles un « CrisisCenter » accueillerait des personnes ayant des besoins moraux urgents, développerait l’économie solidaire (mutualisation, coopération, association) , transformerait le service militaire en service civil d’assistance et de solidarité.
  • Moraliser (contre l’irresponsabilité et l’égocentrisme), il ne s’agit pas de créer une nouvelle éthique mais de progresser vers un retour à l’éthique de la responsabilité, à une foi d’appartenance à la communauté de destin proprement humain, écologique, convivial, d’une pacification des âmes et des esprits (contre le décloisonnement de la violence) d’une diversité civilisationnelle.
  • Convivialiser, par une politique de la qualité de vie écologique (reconnue) et conviviale (cordialité, partage, lutte contre l’anonymisation). Il s’agit d’Habiter la terre prosaïquement (tâches pratiques, utilitaires, empiriques, rationnelles) et poétiquement (participation, amour, ferveur, communion, fête, danse…). La notion de travail devrait dépérir au profit de la notion d’activités responsables et ingénieuses combinant intérêt, engagement subjectif, passion, créativité…
  • Ressourcer : les incertitudes du lendemain tendent à réduire le vivre à un « au jour le jour » angoissé, le présent n’est plus nourri par le futur. Le ressourcement identitaire est la tendance mondiale généralisée de la crise de la fin du millénaire. L’identité française introduit quasi génétiquement en elle-même l’idée universelle des Droits de l’Homme. Ce ressourcement c’est la régénération des campagnes, d’une politique agricole de qualité, produire moins mais mieux.

Tout un programme donc ! Mais ce que je préfère, c’est le passage de l’article qui suit, qui articule la « politique de civilisation » avec la qualité (qui est quand même le sujet sur lequel je bosse je te rappelle) :

Sortie de l’ornière des outils et méthodes, la qualité prend toute sa place car elle devient une démarche au service d’une régénération de la solidarité, de la responsabilité, de la créativité, du ressourcement d’un destin humain, écologique et convivial. Alors « la qualité démocratique », (dans le cadre d’une nouvelle gouvernance), pourrait devenir une dynamique citoyenne du développement durable, à condition que les acteurs partagent les horizons sociaux et sociétaux en termes de valeur, d’ambitions et de représentation de ce que l’on fait ensemble » (Pierre Pérot, sociologue 2009).

Pas mal non ? Bref, je suis assez d’accord avec mon ami Pierre. La qualité c’est l’avenir, c’est grâce à ça qu’on pourra se balader tout nu dans les champs. Ce qui est génial quand on s’intéresse à la qualité, c’est qu’il s’agit d’une discipline qui permet de se poser des questions sur des échelles incroyablement vastes, de la Politique d’avenir au récurage des chiottes. (oui oui).

Bref, en tout cas c’est bien beau, mais ce n’est pas ça qui va finir mon mémoire ! (hélas)

Merci d’avoir lu en tout cas. Tu peux retourner à tes poneys.

edgar morin love

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