Tough girls on high (w)heels

Posted on 4 juin 2010

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Roller Derby Girls credit InternetEt Wais. De la gomme qui crisse sur la piste, des collants résilles avec mini jupette, des fesses qui cognent contre le bitume, le tout dans une ambiance qui flaire bon l’esprit punk : bienvenue au roller derby !!!

Week End dernier j’ai eu l’occasion de me rendre à l’arena St Louis dans le Miles End de Montréal pour mon premier match de roller derby. Cette discipline sportive date des années 1950 et a connu un fort succès aux États Unis jusqu’au début des 70’s et puis après plus rien … Seulement depuis le milieu des années 2000, cette discipline remonte en flèche et les club fleurissent ! Montréal a monté sa ligue de roller derby en 2006. Le succès a été au rendez vous rapidement, si bien que les match se jouent désormais à guichet fermés la plupart du temps.

Bon tu vas me dire il est gentil le bonhomme mais concrètement c’est QUOI le roller derby ??? Comment ça se joue ?

Alors en réalité c’est assez simple. Vous connaissez le NASCAR ? Si si les courses de bagnoles sur une piste ovale. Le truc où les pilotes bloquent leurs adversaires à coup de barrages ou en les envoyant valdinguer dans le décor. Ça y est ?

Ben pareil en roller. Des quads, à l’ancienne.

Bon ok, je simplifie un peu là. Je t’explique tout. Ou du moins ce que j’ai compris, faut pas trop en demander !

Deux équipes de 5 filles s’affrontent sur une même piste ovale, qui doit pas faire plus de 20 mètres de long, pour 5 mètres de large. Ce sport se joue par round : au début d’un round, les filles (équipe rouge et équipe bleu on va dire) se placent de la manière suivante sur la piste :

(je te fais un ptit schéma explicatif car je suis quand même super sympa comme mec)

«—————————————-«La piste bord droit

P B B B ___20 pieds de distance___J

P B B B ___20 pieds de distance___J

«—————————— ———«La piste bord gauche

P : Joueuses Pivots, B : joueuses Blockeuses, J : joueuses Jammeuse

rollerderby1Le but est de marquer le maximum de points en permettant à l’attaquante de son équipe, la jammeuse, située 20 pieds derrière (6 mètres) de dépasser le peloton (Le regroupement de Pivots et Blockeuses).

La première des deux jammeuses qui réussit à traverser tout le peloton devient la jammeuse principale. Elle continue alors son tour et doit retraverser le peloton (qui lui avance plus doucement) pour commencer à marquer des points. À chaque fois qu’elle dépasse une joueuse du peloton, toute équipe confondue, elle marque un point pour son équipe.

Là où ça se corse, c’est que l’équipe adverse ne laisse pas traverser la jammeuse ennemie comme ça ! Les Blockeuses, qui portent un casque unicolore, sont là pour empêcher la jammeuse adverse de passer et aider la leur à se frayer un chemin. Généralement elles sont plutôt baraque! Crois moi t’as pas envie qu’elles te giflent, tu ferai trois tour dans ton slip. Si la jammeuse réussit à traverser les Blockeuses, elle doit encore passer l’ultime barrage : le Pivot adverse. Les Pivots sont la dernière protection de l’équipe pour ne pas voir la jammeuse ennemie s’envoler marquer des points. Les Pivots sont des filles équilibrées on va dire. Tu les reconnais à leur casque avec une bande centrale. Suffisamment costaudes pour faire barrage, la Pivot doit aussi être agile pour ne pas se faire entourlouper par la Jammeuse qui cherche à se faufiler. Tiens d’ailleurs la Jammeuse. T’aura deviné, c’est la belette de l’équipe. Capable de faire des bonnes pointes de vitesse, souple et agile pour mettre dans les choux les adversaires. Elle donne des torticolis aux Blockeuses adverses qui passent leur temps à la chercher du regard. C’est un peu la star de l’équipe. Ça tombe bien, tu la reconnais grâce à l’étoile de chaque coté de son casque.

Et concrètement ça discute chiffons dans le peloton ?

rollerderby3 pelotonBen nan. Comment tu fais toi pour dégager quelqu’un qui te gêne dans une situation comme ça? Imagine, t’es Blockeuse : y’a une put*** de Blockeuse adverse qui empêche ta Jammeuse de passer…  Pas le choix tu lui rentres dedans pardi ! Et ça, les roller derby girls, elles l’ont bien compris ! Un bon gros coup de popotin et bam ! Tu valses. Faut dire qu’entre la vitesse et les patins à roulettes, tu as vite fait d’être déséquilibré. Les quads, c’est la classe old school, mais c’est pas ce qu’il y a de plus stable ! Donc en roller derby, les coups sont permis ! Bon évidemment pas question de foutre ton poing dans la face de l’autre (ou alors seulement à la fin du match) mais les arbitres autorisent le contact. L’important serait de pousser son adversaire sans utiliser les bras. Comme quoi, savoir shaker son booty, ça sert. Et il faut le dire, sans les coups et les gamelles, ce ne serait plus du roller derby ! C’est cette alliance de sexy et de virilité qui donne tout son charme à cette discipline.

Franchement, quand tu es un mec, si on te propose de voir des nanas en mini tenues qui se foutent des coups tout en speedant en roller est-ce que tu refuses ? Ça fait partie de l’imaginaire fantasmatique de la plupart des mecs, au même titre que les combats de boues. D’ailleurs je t’étonnerai pas si je te dit que la personne à l’origine de ce sport est un mec, pas une nana. Mais par contre, depuis le revival de cette discipline dans les 2000’s, on peut dire que le girl power est clairement là ! Pour le coup, les femmes se sont vraiment appropriées le roller derby et ça n’est plus un divertissement  pour machos. Le roller derby compte beaucoup de fans parmi le mouvement lesbien : un gros porc pas respectueux durant un match se ferait vite rembarrer et démonter, et tant mieux. L’arène de roller derby est sans doute un endroit où tu sais si tu te sens à l’aise avec toutes les formes de sexualités possibles. C’est une place qui cultive la différence, et honnêtement ça fait plaisir à voir. Du moins, moi qui ne suis pas du tout habitué à tout ce qui est LGBT j’ai apprécié, sans juger.

rollerderby2 JammeuseLe derby roller, c’est plein de beau monde, plein de tatouages et du rock n’ roll bordel de merde ! Les filles qui font ce sport, lesbiennes ou pas, le font pour se déchainer. L’aspect scénique, l’habillement trash, le maquillage etc. comptent pour beaucoup. Les équipes possèdent généralement des noms qui donnent un coté « Bad Girl » clairement affiché. À Montréal on a par exemple « Les filles du roi », les « Contrabanditas » ou encore « La Racaille ». Tout un programme ! Les filles choisissent elles-même leurs numéros, ainsi que leur Blaze. Zidane avec son numéro 10 il peut se rhabiller, Trasheuse 666 c’est la classe Rock n’ Roll !!! La jammeuse des Contrabantitas s’appelle par exemple Pie 9 – Mange moi le cul. C’est provoc’ et c’est ça qui est bon. Les filles du roller derby sont souvent des allumées, ou si elles ne le sont pas, elles le deviennent sur la piste ! Il y a une rage saine dans tout cela qui me plait beaucoup. Quand elles se poussent, quand elles tombent, ce n’est pas du chiqué. Un beau sport, un beau spectacle.

Merci les filles, mesdemoiselles, mesdames, comme vous voulez.

Article rédigé avec du AC/DC dans les oreilles

Pour plus d’info :

La ligue de Derby Roller de Montréal

Et puis quand même : une petite vidéo (qui n’est pas de moi) avec de l’action pour compléter mes photos !!Les Derby Dolls de LA

 

EDIT janvier 2013 : J’ai changé ma vision du roller-derby depuis ce billet de 2010. En effet, j’en fait moi-même depuis fin 2012 et du coup j’en ai une image beaucoup moins « cliché » que peut laisser transparaître cette article :-). #Pas Taper

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