Mon patron aime les poneys

Posted on 23 avril 2010

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Not-Safe-Facebook-WorkJ’avais envie de partager mes observations sur le phénomène suivant depuis un moment : c’est moi ou bientôt Facebook va remplacer LinkedIn et consorts ???

Au fur et à mesure des stages, on sympathise forcément avec ses collègues, ses patrons (ce dernier point me semble encore plus vrai au Québec). C’est cool on va boire des verres en terrasse après le boulot et tout … Voire plusieurs ! Et puis le lendemain matin on se réveille avec une demande d’ajout en ami Facebook ! Du moins c’est ce qui m’arrive de plus en plus souvent.

Que faire ? Quelle attitude adopter ? Ça peut vous foutre un sérieux mal de crâne … Parce que évidemment les collègues vous voient tous les jours ou presque, et avec le temps on a l’impression de se connaitre. Donc hop ! Ni une ni deux,  ceux qui vous aiment bien (parce que évidemment vous faites un boulot d’enfer et vous êtes méga cool à la fois) vous rajoute dans leur liste d’amis. Oui mais voilà, vous n’avez peut-être pas envie de partager votre profil !

Plusieurs cas de figures apparaissent. Premièrement vous avez Facebook certes, mais vous n’y allez pas si souvent que ça. Et puis quand on y regarde de plus près vous n’avez laissé que le strict minimum d’infos sur vous. Vous avez une sale tronche alors vous n’avez pas mis beaucoup de photos. En plus vous ne faites jamais de soirées avec vos amis, et si jamais ça arrive personne n’amène d’appareils photos. Ah si y’a bien roberto mais il ne sait même pas uploader ça sur Facebook, alors les marquer/tagger vous pensez …

Bon dans ce cas vous êtes plutôt tranquille, quand on y réfléchi bien votre collègue n’aura rien de croustillant à se mettre sous la dent. Alors pourquoi pas l’ajouter ? Comment ça c’est un scénario impossible ? Vous avez bien un oncle ou une tante éloignée sur Facebook avec un profil presque inutilisé ! Si jamais vous regrettez tout de même, ne l’enlevez pas comme ça cash. C’est pas très poli. Il y a le système des listes qui est tout de même bien pratique. Il est plutôt facile de créer une liste de « t’es gentil mais je veux pas que t’en sache trop » et de cacher un certains nombre de choses. Plus d’infos ici (et merci à l’auteur de l’article).

La seule chose importante que vous devez savoir avec ce système, c’est qu’il demande de la RIGUEUR ! Vous tombez sur la vidéo du singe qui se gratte le cul, vous lolez et hop! Vous partagez sur Facebook à la vitesse de la lumière, fier de votre coup ! (Aha c’est Roberto qui va bien rigoler). Oui mais le soucis c’est que vous n’aviez pas réglé le partage… La liste des collègues de travail n’a pas été enlevée du partage. Demain matin au boulot vous allez paraitre moins cool et plus gras. A vous d’assumer !

Tout ceci m’amène au deuxième cas de figure : vous avez des sueurs froides si vous avez passé une demi journée sans checker vos notifications, votre profil est votre biographie qui s’écrit en live. Si c’est le cas, vous pouvez à juste titre être plus réticent à ouvrir votre profil aux collègues. Vous utilisez Facebook tout au long de la journée et franchement vous n’avez pas envie de vous emmerder à réfléchir aux conséquences de chaque mots, liens, vidéos postées. Même si en tant que gros utilisateur du service, vous êtes souvent parmi les personnes les plus expertes sur la question de votre vie privée sur Facebook. (Ceci dit cela semble moins vrai avec les digital-natives).

Une solution alternative existe (et que j’ai adoptée) : la création d’un deuxième compte pour les relations professionnelles. Je commencerai par lister les désavantages de cette solution : vous pouvez facilement perturber vos amis et devenir vous même schizo. Certains amis que vous avez déjà en contact avec vous vont vous redemander sur le profil pro grâce au miracle des suggestions ou autres joyeuseté. De plus vous pouvez avoir des personnes qui sont à la fois de vrais amis et des relations pro. Du coup vous apparaissez en double dans leur liste d’amis. Il peut également vous arriver de commenter, liker une page avec votre profil perso, et de le faire également avec le profil pro. Tout ceci créé de la confusion. Il ne faut pas se voiler la face, faire une séparation nette entre pro et perso est quasi-impossible si vous avez une vie sociale équilibrée.

Je terminerai par dire que ce système oblige à se loguer ou se déconnecter souvent si vous êtes très actif dans les deux univers aux mêmes moments. Cependant une alternative existe : l’utilisation d’applications client comme Seesmic ou TweetDeck. Elles permettent d’être connecté sur plusieurs comptes en même temps. Et puis si vraiment vous êtes pas doué, du genre à vous emmêler les pinceaux, vous prenez une API pour le compte pro et votre navigateur pour l’autre (ou vice versa).

Si vous voyez d’autres inconvénients je serai heureux d’avoir votre avis. Se sont les seuls que je vis actuellement.

Alors les avantages hein ???

Bon, l’avantage évident c’est la possibilité de bien séparer vos infos, photos, vidéos etc … Sans être vigilant à chaque instants.  On ne reviendra pas dessus ! Indiquez dans la partie « autre nom » des options Facebook quelque chose qui différenciera votre profil pro du perso. Pour moins de confusion je cache mon profil perso dans les résultats de recherche. Si un véritable ami me cherche, on aura bien un ami en commun par lequel il me trouvera. Au pire sans amis en commun, c’est quelqu’un à qui j’aurai parlé suffisamment pour donner ma vanity URL ou un mail pour me trouver.

Si Facebook est vraiment un outil pour vos relations professionnelles, la séparation en deux comptes à l’avantage de ne pas vous obliger à faire le tri dans votre time line ! Imaginez deux infos qui se suivent :

Roberto : Haha méga soirée hier lol !!! T’aurai du voir comment Ginette s’est vomie dessus ! MDR

Jean Louis (Responsable RH) : La réunion truc machin était vraiment instructive. Un compte rendu au lien suivant

Pas terrible hein ? Et pour peu que Roberto ait enfin pigé l’upload de photo, je ne suis pas sûr que vous ayez envie de voir apparaitre Ginette en mauvaise posture dans la time line alors que vous êtes au bureau. Au travail, on retient plus facilement le nom des personnes avec lesquelles on bosse que leur adresse email, c’est indéniable. Et c’est d’autant plus vrai si se sont des personnes externes à l’entreprise. Avec Facebook l’envoi de messages devient beaucoup plus simple ! A peine on commence à écrire le nom de la personne que des choix apparaissent, avec une photo pour vous aider en plus ! (La vache il a quand même une sale tronche Jean Louis). J’attends toujours la personne qui viendra me dire que le carnet d’adresse Outlook est convivial.

Je ne vais pas m’amuser à tout lister, mais voici pour l’essentiel. J’espère avoir convaincu ceux qui comme moi ont un compte avec beaucoup de données personnelles. =)

Quelques conseils tout de même.

Une chose encore peu évidente : la situation ou VOUS souhaitez ajouter quelqu’un sur votre profil pro. Soyez sûr que la personne utilise Facebook pour le travail également. Votre compte pro ne doit pas être aseptisé non plus. On est pas des monstres hein ! Faut jouer le jeu du social (c’est pour ça que vous êtes là sinon quel intérêt ?) et lâcher quelques infos sur vous. Jean Louis sera content de savoir que vous faites du Yoga, lui aussi. Votre compte pro peut également être une antichambre pour votre compte perso. Ne nous y trompons pas, de réelles amitiés peuvent naître au travail. Un collègue que vous n’aviez accepté que sur votre compte pro au départ mais qui s’avère être un chic type peut être ajouté au compte perso quand vous l’estimerez comme un vrai ami (Jean Louis risque d’attendre longtemps). Ainsi j’ai « transféré » des personnes, et je n’ai pas eu à le regretter jusqu’à présent !

Et vous ? Facebook vous sert pour le travail ? Mélangez vous joyeusement amis et collègues ?

MÀJ 14/07/2010 :

Beaucoup d’entre vous savent sans doute déjà que le géant du web, a.k.a « Big G », se lance dans l’aventure du réseau social à grande échelle grâce à « Google Me ». Cela va-t-il fonctionner ? Mystère ! Sur le sujet je vous conseille tout de même cet article d’un « poto à moi qu’il est cher cool » et cet infographic pour résumer le parcours de Google dans le web social. Il y a une dizaine de jour, le miracle de la sérendipité m’a fait découvrir une présentation de Paul Adams, qui travaille chez Google. Celle-ci est vraiment intéressante et drôle, donc je vous la propose en plus de mon article. Honnêtement, tout porte à croire que cette présentation est un prélude à ce qui nous attend avec Google Me. Elle explique parfaitement les problèmes de cloisonnements que j’ai abordé avec Jean Louis et Roberto, mais avec plus de Gays dansant sur les tables.

Enjoy !

(Bon par contre c’est méga long : pour les pas courageux, lisez les 20 premières slides, vous aurez déjà l’esprit !)

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